VVB-voorzitter Defoort in Le Soir: autonomie wordt het discours van àlle Vlamingen

Jan Van de Casteele 12-07-2008

Eric Defoort préside depuis octobre le Vlaamse Volksbeweging (VVB), le mouvement populaire flamand. En un demi-siècle, il s'est affirmé comme la plus importante association oeuvrant pour l'indépendance de la Flandre. Professeur à l'Université catholique de Bruxelles, ex-vice-président de la N-VA, Eric Defoort a succédé à la tête du VVB à Rita Debont, actuelle parlementaire du Vlaams Belang.

Le VVB vient de consacrer une journée d'étude sur ‘le flamingantisme dépassé’. Votre mouvement regroupe pourtant les nationalistes les plus radicaux, comme ceux du Taal Aktie Komitee (TAK) et des sympathisants d'extrême droite…

Et pourtant, l'assemblée générale m'a suivi : 34 voix pour, 18 contre. C'était pourtant risqué. Jamais, je ne rejoindrai un jour le Vlaams Belang. Je suis un nationaliste flamand, mais aussi un amoureux de la francophonie. La Wallonie n'est pas notre ennemie pas plus que les francophones… Ils perçoivent la Flandre comme une région recroquevillée sur elle-même qui aurait décidé de verrouiller toutes ses portes…

Comme en périphérie, où trois bourgmestres démocratiquement élus attendent toujours d'être nommés, ou comme à Overijse, Vilvorde, Zaventem ?

Mais vous parlez de la Flandre! Les frontières ont été fixées en 1963. Et ses décrets s'appliquent sur son territoire.

Vous trouvez cela borné comme discours?

Non, la territorialité libère, elle permet de se débarrasser de toutes ces tracasseries inutiles et dangereuses. Dit-on de Majorque qu'elle ne fait pas partie de la Catalogne sous prétexte qu'elle est peuplée de 80 % d'Allemands? Ou du Sud de la Californie qu'elle n'est pas américaine parce qu'elle est majoritairement hispanique? Non. Le principe de territorialité fait partie des règles européennes. Moi, je ne dis pas aux francophones de débarrasser le plancher (allusion au slogan flamingant du Voorpost ou du TAK : « Franse ratten, rol uw matten, NDLR). Je leur dis: ‘Vous êtes mes concitoyens, vous habitez ici, soyez les bienvenus, faites comme chez vous mais n'oubliez pas que vous êtes chez nous.’ J'aimerais que l'agressivité à laquelle on assiste aujourd'hui ne soit plus qu'un souvenir.

Comment?

En pariant sur l'avenir. La Belgique du XXIe siècle n'est plus un projet d'avenir. Même José Happart, le président du Parlement wallon, s'est un jour interrogé sur l'utilité de ce niveau intermédiaire qu'est la Belgique…

Tous les francophones n'ont pas la même vision de cet Etat…

Parce qu'ils ont peur d'être abandonnés: ils craignent de voir leur niveau de vie chuter de 20 %. Pour la Wallonie, la Belgique est une assurance-vie. Quand elle a des difficultés, elle vient frapper à la porte de la Flandre.

De quoi rêvez-vous ce 11 juillet?
D'une Flandre indépendante, d'une république en Europe au sein d'une confédération. Je plaide pour l'indépendance et pour une collaboration plus efficace avec la Wallonie, plus adaptée aux structures européennes et un statut « sui generis » pour Bruxelles, décidé en concertation avec les Bruxellois. Quand un couple ne fonctionne plus, le seul moyen de rester amis consiste à nouer de bons accords chez le notaire.

S'il ne se passe rien le 15 juillet ?

Le cartel CD&V/N-VA devra en tirer les conclusions. Yves Leterme doit partir par la grande porte. Sans quoi, il ne serait plus crédible. La N-VA n'a pas pris le CD&V en otage. Le CD& V s'est sérieusement radicalisé. Il doit désormais choisir la raison de l'Etat. Plus de l'Etat belge. De l'Etat flamand. Tout notre système est bloqué. Les cinq résolutions du Parlement flamand restent suspendues, les majorités spéciales, la sonnette d'alarme, les procédures en conflits d'intérêts, tout cela paralyse toute initiative et a radicalisé la Flandre. Le flamingantisme est dépassé. Le discours autonomiste en Flandre n'est plus un discours de nationalistes ou de flamingants mais de tous les Flamands. Comme disait Hugo Claus: ‘Je suis né en Belgique, mais la Belgique n'est jamais née en moi.’ Une Nation n'a aucune finalité. Elle doit fonctionner. Et la Nation belge ne fonctionne plus.

On estime à 10 % le nombre de Flamands séparatistes…
Je ne dis pas qu'il y a une majorité active en Flandre qui ouvre pour le séparatisme. Mais je suis convaincu qu'il n'existe plus une majorité qui s'opposerait à son indépendance. Cet objectif a été jusqu'ici porté par les seuls nationalistes flamands. Mais il est en train de devenir le discours dominant des Flamands.

Parce que la Flandre est égoïste et refuse la solidarité avec une Wallonie qui la freinerait dans son ascension économique ?
C'est un procès d'intention. Si elle s'enrichit, la Flandre augmente au contraire son volant de solidarité. La Flandre souhaite rester dans le top des régions prospères en Europe. Mais, aujourd'hui, elle régresse, notamment parce qu'elle ne peut pas adapter sa politique à ses spécificités, en restant coincée dans le carcan belge.



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